Au-delà de toutes les déficiences de nos ascendants, y compris de nos propres parents, Dieu lui-même nous commande d’honorer notre père et notre mère, et de manière inconditionnelle. Pour lui, le bien, qui passe par leur paternité/maternité et est reçu dans la filiation, est toujours plus grand que le mal, à cause du don de la vie qui est le bien primordial, source de tous les autres. Le don de la vie a donc plus de valeur que le cumul de toutes les blessures et souffrances d’une vie humaine, car il ouvre non seulement à la vie ici-bas, mais à la vie éternelle en Dieu.

Le don de la vie
De plus, toute paternité/maternité et toute filiation humaine révèlent, à travers le don de la vie et le bien qu’elle transmet et reçoit, l’amour de Dieu et la richesse de grâces de sa paternité. Le statut de fils est en effet une invention divine qui découle de ce que Dieu est amour, lequel amour s’exprime dans sa paternité. C’est pourquoi saint Paul peut affirmer aux Romains : « Vous n’avez pas reçu un esprit qui fait de vous des esclaves et vous ramène à la peur ; mais vous avez reçu un Esprit qui fait de vous des fils ; et c’est en lui que nous crions « Abba ! », c’est-à-dire : Père ! C’est donc l’Esprit Saint lui-même qui atteste à notre esprit que nous sommes enfants de Dieu. Puisque nous sommes ses enfants, nous sommes aussi ses héritiers avec le Christ, si du moins nous souffrons avec lui pour être avec lui dans la gloire. » (Rm 8, 15-17)
Devenir héritier
Qui dit fils dit héritier. Il faut se reconnaître fils pour devenir héritier. L’héritage nécessite une acceptation de la part du fils, alors que l’hérédité se constate, bon gré mal gré. Après le don de la vie et avant d’être constitué de biens matériels, l’héritage comprend d’autres types de biens : humains (une certaine ressemblance physique, des traits de caractères, des passions et des goûts transmis), moraux (une éducation basée sur le sens du bien et du mal et recherchant le bien d’autrui), spirituels (une ouverture à Dieu et une vie avec lui), intellectuels (une capacité à la réflexion, au discernement et à la décision), artistiques (des talents développés), etc.
L’attitude fondamentale de l’héritier est la gratitude, car il est bénéficiaire de quelque chose dont il n’est pas à l’origine et qui n’est le fruit ni de son travail, ni de ses mérites.
La gratitude
L’attitude fondamentale de l’héritier est la gratitude, car il est bénéficiaire de quelque chose dont il n’est pas à l’origine et qui n’est le fruit ni de son travail, ni de ses mérites. Il est invité à recevoir avec gratitude ce qui lui a été donné gratuitement. S’il est un moment particulièrement propice à l’expression de cette reconnaissance, c’est celui de son propre mariage ou, plus précisément, juste avant de se marier. Bien qu’elle soit tournée vers l’avenir, la préparation au mariage pousse en effet à regarder d’abord en arrière pour voir tout ce qui a été reçu des parents. Alors que l’on est en train de franchir une nouvelle étape de la vie qui conduit à devenir soi-même époux/épouse et ensuite père/ mère, il est important de prendre un temps de qualité avec ses propres parents pour leur exprimer, concrètement et par des mots bien choisis, cette gratitude pour tout le bien reçu d’eux. C’est une belle manière de les honorer dans leur paternité et leur maternité, mais aussi de prendre conscience de la valeur de ce qui a été donné pour se l’approprier encore plus et continuer à le développer et à le faire fructifier. Qui sait être ainsi héritier saura aussi devenir père/mère et transmettre à son tour un véritable héritage à ses propres enfants. Un héritier ne peut jamais se considérer comme le bénéficiaire ultime de l’héritage reçu. En effet, un héritage se reçoit et se transmet, si possible en l’enrichissant le plus possible. L’héritier a dès lors la mission de consolider et accroître, au fil du temps et par les héritages successifs et de tous ordres, la qualité humaine, morale et spirituelle de sa famille. Il veille ainsi à sa pérennité, elle qui est chargée de structurer la société.
