La venue du pape Léon XIV en France du 25 au 28 septembre 2026 suscite un immense engouement médiatique. Il n’y a pas eu de visite officielle d’un Pape en France depuis celle de Benoît XVI et celle de Léon XIV s’inscrit dans un nouveau contexte ecclésial. Alors que la visite du Pape en Espagne au mois de juin dernier avait marqué les esprits, c’est désormais en France que cet évènement va se produire.
Les visites historiques du Pape en France
Remontons l’histoire et retraçons les dernières visites du Pape en France. Le pontificat de Jean-Paul II a beaucoup marqué en France puisque le Saint-Père s’y était rendu exactement 6 fois.
En 1980, il avait visité Paris et Lisieux. Il avait en particulier prononcé cette homélie très célèbre au Bourget dans laquelle, il interpellait les 350 000 fidèles et, à travers eux, tous les Français :
« France, Fille aînée de l’Eglise, es-tu fidèle aux promesses de ton baptême? Permettez-moi de vous demander: France, Fille de l’Eglise et éducatrice des peuples, es-tu fidèle, pour le bien de l’homme, à l’alliance avec la sagesse éternelle ? »
Il revient en France en août 1983 pour son premier pèlerinage à Lourdes. En octobre 1986, il visite cette fois l’est de la France. Au cours de ce voyage, il célèbre le bicentenaire de la naissance de saint Jean-Marie Vianney et béatifie le prêtre lyonnais Antoine Chevrier, fondateur du Prado. Il visite aussi Paray-le-Monial en l’honneur du Sacré-Coeur ainsi qu’Annecy où il se recueille spécialement auprès de saint François de Sales et de sainte Jeanne de Chantal. Il déclare au cours de ce voyage :
« C’est dans le Cœur du Christ que se trouve le fondement d’une authentique culture de l’amour, la seule qui puisse sauver notre monde des menaces de haine et de destruction (…). Laissez-vous transformer par l’amour du Christ ! C’est de cette source que la France puise, tout au long de son histoire, le courage de ses saints et le zèle de ses missionnaires.»
« Le ministère sacerdotal du pardon est toujours un don d’en haut; par le prêtre qui a été ordonné à ce ministère, c’est le Christ qui éclaire, qui guérit, qui pardonne. L’âme brûlante d’amour du Curé d’Ars se prêtait merveilleusement à cette action du Christ. »
Par la suite, il revient en France en 1988 cette fois en Alsace-Lorraine puis en 1996, il visite Tours, Orléans et Paris notamment en l’honneur du 1500e anniversaire du baptême de Clovis. À cette occasion, il prêche sur les Béatitudes, exhortant en particulier à au soin des pauvres à la suite de saint Martin.
« Que saint Martin vous guide chaque jour! Qu’il vous inspire les paroles, les gestes, les attitudes d’amour, de fraternité, de compassion qui vous aideront à vivre! Voici mille six cents ans qu’il intercède auprès du Père pour ceux qui ont recours à lui avec confiance. Si vous le priez, il n’abandonnera aucun de vous, aucun de ceux qu’il voit peiner sur les chemins sinueux de la vie. À la porte d’Amiens, Martin donna la moitié de son manteau. Qu’il demeure notre modèle de charité réelle et vraie ! »
Enfin, en 2004, il se rend en pèlerinage à Lourdes où nous nous rappelons particulièrement l’Angélus qu’il ne parvenait pas à bien prononcer.
De son côté, Benoit XVI s’est rendu une seule fois en France en 2008. Il avait visité en particulier le collège des Bernardins, présidé la Messe aux Invalides devant 280 000 fidèles puis s’était rendu en pèlerinage à Lourdes.
Aux Bernardins, il consacre son allocution aux racines de la culture européenne véhiculée, selon ses mots, par le monachisme occidental. Dans les monastères, lieux de savoir médiévaux, les moines cherchaient la Vérité.
« L’intention des moines n’était pas de créer une culture nouvelle ni de conserver une culture du passé. Leur motivation était beaucoup plus simple. Leur objectif était de chercher Dieu. Au milieu de la confusion de ces temps où rien ne semblait résister, les moines désiraient la chose la plus importante : …derrière le provisoire, ils cherchaient le définitif. »
Lors de la Messe sur l’esplanade des Invalides, il prononce en particulier une forte exhortation invitant les jeunes à ne pas craindre la vocation.
« Ici, chers fidèles de Paris et de la région parisienne, mais aussi vous tous qui êtes venus de la France entière et d’autres pays limitrophes, permettez-moi de lancer un appel confiant en la foi et en la générosité des jeunes qui se posent la question de la vocation religieuse ou sacerdotale : n’ayez pas peur ! N’ayez pas peur de donner votre vie au Christ ! Rien ne remplacera jamais le ministère des prêtres au cœur de l’Église ! Rien ne remplacera jamais une Messe pour le Salut du monde ! Chers jeunes ou moins jeunes qui m’écoutez, ne laissez pas l’appel du Christ sans réponse.»
Enfin, le pape François, bien que n’ayant jamais officiellement visité la France, s’est rendu à Strasbourg en 2014 afin de visiter les institutions européennes. Il revient en France en 2023 à Marseille à l’occasion des Rencontres méditerranéennes et célèbre une grande Messe au stade Vélodrome.

Le dynamisme de l’Église en France
Aujourd’hui, Léon XIV vient en France dans un nouveau contexte ecclésial. L’Église en France est marquée depuis plusieurs années par un dynamisme nouveau, particulièrement visible avec le nombre de catéchumènes adultes et jeunes chaque année. Le pape Léon XIV est attentif à la vitalité actuelle de l’Église en France, notamment à l’accueil de ces très nombreux catéchumènes et néophytes.
Bien que cette visite du Pape soit aussi une visite d’État puisqu’il aura un entretien avec le chef de l’État à l’Élysée, elle est avant tout une visite à l’Église en France. Il est donc clair que le Pape souhaite y être accueilli comme chef de l’Église avant tout. En tant que chrétiens de France, nous sommes donc appelés à mettre tout notre coeur à rencontrer le Saint-Père et à ouvrir nos coeurs pour recevoir les messages qu’il nous adressera.
Parmi les nombreux sujets aujourd’hui dans l’Église, cette visite apostolique semble porter sur plusieurs thèmes majeurs.
D’abord, l’Église en France est dynamique avec un grand renouveau, le nombre de baptêmes d’adultes ayant triplé en dix ans. Le Pape aura donc probablement à coeur de stimuler notre ferveur tout en nous invitant à bien accompagner ces catéchumènes et néophytes. Par ailleurs, il rappellera probablement la dignité fondamentale de la vie et cette magnifique humanité que nous formons, plaçant aussi cette prise de parole dans le contexte des lois sur la fin de la vie adoptées par l’Assemblée nationale.
Ensuite, en venant en France, il veut aussi rappeler la façon dont la France a rayonné dans l’Église. Quelques jours à peine après son élection en mai 2025, il avait d’ailleurs écrit une lettre aux évêques de France pour leur exprimer combien les témoignages de foi de saint Jean-Eudes, saint Jean-Marie Vianney et sainte Thérèse de Lisieux devaient être médités et transmis aux jeunes générations.
Enfin, en visitant l’UNESCO et la ville de Metz, ce voyage revêtira probablement une dimension internationale et européenne notamment autour de la figure du vénérable Robert Schumann.
À l’approche de la venue du Pape, prions donc pour tous les fruits de cette visite. Que sa présence et son message aux chrétiens de France soit fécond et suscite davantage encore de foi, d’espérance et de charité « pour que le monde ait la vie », selon les mots de la devise choisie pour ce voyage.
