Toute notre préparation du Carême a pour but ces trois jours, ceux du Triduum, où nous serons plongés dans le mystère pascal. D’abord le temps de la Passion puis le dimanche des Rameaux nous décentrent de nos propres efforts. Ils se tournent vers le Christ, s’offrant pour son Église. Désormais, le sommet de l’année liturgique nous ouvre au mystère pascal. C’est l’oeuvre de la rédemption des hommes et de la parfaite glorification de Dieu.
Dimanche des Rameaux & dimanche de la Passion
La Semaine sainte commence avec le dimanche des Rameaux, aussi appelé dimanche de la Passion. Il inaugure l’entrée triomphale de Jésus à Jérusalem. Les jours qui suivent rejouent le basculement des derniers jours du Christ. Son heure va venir, celle de la gloire, où celui que la foule a acclamée trouvera la mort suspende à la Croix.
La couleur liturgique de ce dimanche est le rouge, comme pour annoncer la fête de la Pâque, celle que les Juifs sont venus célébrer. Elle est la figure de la vraie Pâques, le Christ, Roi de gloire, qui mourra tel un bandit. On chante déjà le récit de la Passion, pour préparer les coeurs à passer des Rameaux à la Passion.



Du lundi au mercredi de la Semaine sainte
Les lectures du lundi, mardi et mercredi saints introduisent à cette préparation du sacrifice du Christ. Chants du serviteur souffrant (les chapitres 42, 49 et 50 du prophète Isaïe. Le drame qui se joue à Béthanie (dans l’évangile de saint Jean) où Jésus après avoir réveillé Lazare d’entre les morts, reçoit l’onction de parfum par Marie, la soeur de Lazare. Judas a décidé dans son coeur qu’il livrerait son Maître. Les grands prêtres ont décidé de tuer Jésus, q’une grande foule de Juifs cherche à voir depuis que le prophète de Galilée est venue à Jérusalem célébrer la fête de la Pâque. Quant au Douze, c’est avec eux que le Christ veut célébrer la Pâque.
Jeudi saint , la messe in Cena Domini
Le Triduum est la célébration liturgique des trois jours du Mystère pascal. Le Mystère pascal
De quels jours s’agit-il ? Depuis la réforme de la Semaine sainte en 1955 par le pape Pie XII, le Triduum a été restauré dans son unité originelle. C’est-à-dire en vue de la célébration solennelle de la Vigile pascale. Ainsi, le trois jours du Triduum sont respectivement le Vendredi saint, le Samedi saint et le Dimanche de la Résurrection.
En suivant la manière hébreu de compter, nous entrons dans la fête dès la veille au soir. C’est pourquoi le Jeudi saint marque l’ouverture du Triduum avec la messe en mémoire de la Cène du Seigneur. On y célèbre l’institution des sacrements de l’Eucharistie et de l’Ordre.



Vendredi saint, jour de jeûne et d’abstinence
C’est donc le premier jour du Triduum. La liturgie de l’Église commémore la Passion de notre Seigneur Jésus-Christ et son sacrifice sur la Croix. La célébration de ce jour doit son caractère impressionnant d’abord à la gravité du mystère – la mort en croix du Fils de Dieu -, mais aussi à sa forme inhabituelle.
Après les deux lectures, et la proclamation du récit de la Passion, l’Église adresse au Père des intercessions pour le monde entier, les « grandes orations ». Les fidèles viennent ensuite adorer, dans la croix dévoilée solennellement, l’instrument du salut du monde. Enfin on ne célèbre pas en ce jour le sacrifice de la messe. Néanmoins, les fidèles peuvent communier aux « Présanctifiés », les hosties consacrées la veille au soir.



Samedi saint
Le deuxième jour du Triduum est un jour a-liturgique. L’Église commémore, dans le silence, la solitude et le jeûne (non-obligatoire mais conseillé) la descente du Christ jusqu’aux enfers. Elle demeure aussi dans la foi et l’espérance, auprès du tombeau du Seigneur, méditant sa Passion et le prix du salut du monde, en particulier au moyen de la liturgie des heures (office des Ténèbres).
Jusqu’au soir, les églises sont dépouillées de toutes leurs lumières et de leurs ornements, les bénitiers restent vides. Dans la matinée sont célébrés, avec les catéchumènes, les derniers rites préparatoires.
Mystère pascal & mystère liturgique
Toute la vie chrétienne culmine dans la Vigile de la nuit de Pâques. Les catéchumènes et les fidèles participent à la Résurrection de Jésus et passent, avec lui, de la mort à la vie. Liturgique, spirituelle, tout se recoupe et prend son sens. La Pâque chrétienne est le mystère de la vie spirituelle et liturgique de tout chrétien.
Lors de la « mère de toutes les vigiles », les grands textes bibliques proclamés nous rappellent « comment dans les temps passés, Dieu notre Créateur, a sauvé son peuple, et comment, dans ces temps qui son les derniers, Il nous a envoyés son Fils comme Rédempteur ». La promesse de salut de Dieu est accomplie et est rendue présente dans la célébration du Mysère pascal.
Le lucernaire représente le feu nouveau, symbole de la présence divine depuis l’épisode du buisson ardent. Il éclaire la nuit et réchauffe les coeurs accablés. De l’austérité de la vigile à la douceur de l’Alleluia. Les sept longues lectures laissent percevoir la gravité du moment, jusqu’à l’explosion de la joie pascale, d’abord dans le Gloria puis l’Alleluia.
Enfin la liturgie baptismale, accomplit l’initiation chrétienne des catéchumènes. La troisième partie de la veillée pascale célèbre le mystère du baptême, par lequel l’homme reçoit tous les fruits de la Rédemption : la rémission des péchés qui le réconcilie avec Dieu ; la grâce sanctifiante, qui le configure au Christ et fait de lui un fils adoptif du Père; la vie nouvelle, qui est le commencement de la vie éternelle ; la citoyenneté du Royaume de Dieu, qui se rend visible dans la communion de l’Église.
Depuis toujours, la Nuit sainte de Pâques est le moment approprié pour conférer le sacrement du baptême, en particulier aux adultes. C’est une immense joie pour la communauté chrétienne d’accueillir en son sein de nouveaux baptisés, ou « néophytes ». Tous les fidèles sont ensuite invités à renouveler les promesses de leur baptême.





Dimanche de Pâques, dimanche de la Résurrection
La Résurrection du Christ inaugure la vie nouvelle, dans le Christ ressuscité. Le Christ nous a réconciliés avec le Père, il a insufflé en nous son Esprit, jusqu’au feu de la Pentecôte. Désormais s’ouvre le temps pascal, cinquante jours jusqu’à la Pentecôte, célébrés comme un jour de fête unique, ou mieux « un grand dimanche ». C’est ainsi que le Missel romain, citant saint Athanase, présente le Temps pascal.