Carême : Jésus guérit et apporte le salut

Que Jésus soit présenté par les Évangiles comme le Sauveur, cela ne fait pas de doute dès le début, et tout particulièrement selon saint Luc. L’ange L’annonce comme tel aux bergers (Lc 2,11), et le vieillard Syméon Le proclame en Le tenant en ses bras (2,30).

Le début du ministère public du Sauveur montre que Jésus accomplit les promesses d’Isaïe : sur Lui repose l’Esprit Saint, et cela provoquera entre autres le retour à la vue des aveugles (4,18). La rumeur se répand autour de Jésus et en vient même à Lui faire tort : les habitants de Nazareth L’invitent à faire autant de miracles qu’ailleurs (4,23).

Malgré ces incompréhensions, Jésus répond à ceux qui viennent à Lui, tels les dix lépreux qui s’approchent à distance respectueuse (17,12). Il les renvoie aux prêtres juifs, et en chemin, les voilà tous guéris. Un seul d’entre eux, un Samaritain, revient vers Lui pour rendre grâce. Et c’est à lui que Jésus révèle la différence entre la guérison et le salut : « ‘Tous les dix n’ont-ils pas été purifiés ? Les neuf autres, où sont-ils ? Il ne s’est trouvé parmi eux que cet étranger pour revenir sur ses pas et rendre gloire à Dieu !’ Jésus lui dit : ‘Relève-toi et va : ta foi t’a sauvé’. » (17,17-19) Jésus souligne la foi du lépreux, non pas seulement parce qu’il a obéi à son premier ordre et qu’en obéissant, il a été guéri, mais parce qu’il a su revenir à Lui, Jésus, pour rendre grâce. La guérison est bien remise dans la perspective de ce que Jésus désire, c’est-à-dire la foi qui sauve.

Jésus guérit un lépreux

Ainsi lorsque Jésus avait envoyé les Douze en avant de Lui (9,1-2) : Il leur avait donné « pouvoir sur les démons, ainsi que pour des guérisons », et leur avait dit de « proclamer le règne de Dieu et guérir les malades ». Les deux dimensions sont là, celle de l’annonce de l’Évangile, et celle des guérisons, avec en arrière-fond le pouvoir sur le diable. Et de fait, ils en font l’expérience : « Ils partirent et ils allaient de village en village, annonçant la Bonne Nouvelle et faisant partout des guérisons » (9,6). De nouveau, quand Jésus avait envoyé les soixante-douze dans toutes les villes en avant de lui (10,1), Il leur donnait comme consigne : « Guérissez les malades qui s’y trouvent et dites-leur : ‘Le règne de Dieu s’est approché de vous.’ » (10,9). On retrouve les deux versants, évangélisation et guérison. Et Jésus les avertit ensuite de ne pas perdre la bonne direction du salut : « Toutefois, ne vous réjouissez pas parce que les esprits vous sont soumis ; mais réjouissez-vous parce que vos noms se trouvent inscrits dans les cieux. » (10,20).

Qu’on ne s’étonne pas pourtant si la nuance entre salut et guérison est difficile à sentir. Même au jour de l’Ascension, les disciples demanderont encore au Seigneur : « Seigneur, est-ce maintenant le temps où tu vas rétablir le royaume pour Israël ? » (Ac 1,6). Sans les rabrouer, Jésus leur répond : « vous allez recevoir une force quand le Saint-Esprit viendra sur vous ; vous serez alors mes témoins (…) jusqu’aux extrémités de la terre. » (Ac 1,7-8). Les anges à leur tour leur diront : « Galiléens, pourquoi restez-vous là à regarder vers le ciel ? Ce Jésus qui a été enlevé au ciel d’auprès de vous, viendra de la même manière que vous l’avez vu s’en aller vers le ciel. » (Ac 1,11). Ainsi le salut par la foi ne correspond pas à une attitude rêveuse et désincarnée qui nous détournerait de l’engagement sur cette terre. En particulier, le service des pauvres et des malades est un signe authentique de l’Évangile, souvent accompagné de miracles. Mais la foi n’est pas non plus circonscrite à cette terre, comme si la guérison était le tout de l’espérance chrétienne. Elle est ouverture vers le Père dans l’action de grâces, en fait, dans l’Eucharistie du Christ Sauveur. Une bonne méditation pour notre Carême !

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