Répondre à sa vocation
Les jeunes hommes qui se posent sérieusement la question de la vocation sacerdotale existent encore ! Ils sont même plus nombreux qu’on ne l’imagine à y réfléchir, à demander conseil à leur accompagnateur spirituel, à s’inscrire à une retraite de discernement, et même à donner une année de leur vie dans cette perspective ; certains allant jusqu’à franchir le Rubicon de l’entrée en propédeutique.
La Maison de formation de la Communauté Saint Martin propose une « Année Saint-Martin » qui rassemble ceux qui prennent au sérieux la possibilité d’un appel de Dieu au ministère apostolique vécu en petites fraternités pastorales et missionnaires. Celui qui y entre passe par l’épreuve d’un premier discernement. Et si chacun est appelé tel qu’il est, d’une manière unique, il ne peut y répondre que librement.
Comment mesurer cette liberté qui ne tombe pas du ciel ? Bien au contraire, elle s’acquiert par l’exercice renouvelé de la décision éclairée et de la prise de responsabilité. On ne naît pas libre, on le devient dans le creuset de la maturité humaine. Faut-il donc un degré suffisant de liberté pour entrer en propédeutique ? Ou faut-il entrer en propédeutique pour grandir en liberté et mûrir son choix ? Nous devons évidemment tenir l’un et l’autre. Trois critères peuvent guider le candidat dans son discernement : le désir, les circonstances et le risque de la foi.
Désir, circonstances et acte de foi
Quel est le désir qui brûle ton cœur ? Quel est l’élan qui t’anime et te plonge dans de si profondes interrogations ? Que veux-tu ? Et que veut Dieu pour toi ? Est-ce que tu crois que Dieu t’appelle à être prêtre ? Dans la Communauté Saint Martin ? C’est la première piste que nous suivons avec celui qui frappe à notre porte pour parler de sa vocation. Nous l’aidons à prendre conscience de ce qui le travaille en profondeur : ce désir vient-il de Dieu ?
L’année de propédeutique permet de vérifier la persistance de l’appel et sa dimension surnaturelle. Chacun est invité à faire le récit de sa vocation. C’est son histoire sainte personnelle. Elle est jalonnée de signes, de circonstances parfois surprenantes par lesquelles Dieu nous a parlé : une parole inattendue, une rencontre imprévue, l’expérience de la miséricorde divine… Les évènements dont on se souvient, les faits qui nous ont marqués, paraissent parfois dérisoires, pourtant ils résonnent fortement et contribuent à nous orienter de manière décisive. Dieu parle par les circonstances, mais il ne s’impose jamais. Il suscite le désir mais ne lui fait jamais violence. Celui qui veut le suivre doit prendre le risque de la foi. Il n’y a pas plus de preuve suffisante pour croire en sa vocation que pour croire en la Résurrection.
Un choix qui se fait dans le temps
Ce coup d’audace n’est pas un coup de tête ! On n’entre pas en propédeutique, puis au séminaire sans exercer sa liberté. On n’entre pas sans écrire une lettre de demande mûrement réfléchie, et ainsi à chaque étape capitale de la formation (retour de stage, admission en théologie, lectorat, acolytat…). C’est sans cesse que la liberté est sollicitée pour qu’elle se déploie en se fortifiant. Tout au long du processus de discernement, le jeune, avec l’aide des formateurs, dépassant ses premiers attraits et parfois une certaine idéalisation, doit poser des choix. Il ressent le prix du renoncement à la vie conjugale, à la paternité, à la réussite professionnelle, et à certaines reconnaissances légitimes qu’offre le monde.
En répondant à la vocation sacerdotale dans la Communauté Saint Martin, il opte pour un style de vie aussi joyeux qu’exigeant, tout en renonçant à d’autres formes de vie apostolique. Trois signes peuvent confirmer la liberté dans son engagement : la gratitude pour le don de la vocation, le sentiment d’être à sa place et le « fait de rester libre par rapport à ce qui a été décidé, prêt à le remettre en question, voire à y renoncer, car seul Dieu sait ce qui est vraiment bon pour nous » (Pape François).