Croire – mai 2018

Les Cahiers CROIRE – n°317 – mai 2018

L’ATELIER SPIRITUEL :
TRANSMETTRE À LA FAÇON DE LA COMMUNAUTÉ SAINT-MARTIN

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COMPRENDRE

La communauté Saint-Martin est une association de prêtre et de diacres au services des diocèses. Elle fut fondée par l’abbé Jean-François Guérin en 1976. Elle compte aujourd’hui 103 prêtres et diacres, 100 séminaristes et 26 jeunes en année de propédeutique, l’année de discernement avant d’entamer la formation qui se fait à Évron en Mayenne. Les prêtres de la communauté s’investissent dans des missions confiées par les évêques, en paroisse, aumônerie de collège et d’internat, sanctuaires, maison de retraite, etc. Trois grands principes définissent la spiritualité de Saint-Martin : la vie communautaire, la liturgie et l’enracinement dans la tradition de l’Église.

RÉUNIS EN FRÈRES

 Les responsables de la communauté acceptent une fondation s’ils ont la garantie d’une vie commune pour ceux qu’ils envoient. Celle-ci est non seulement source d’équilibre humain et spirituel, mais aussi un témoignage auprès des fidèles. La vie communautaire, qui oblige à s’adapter aux autres de manière très concrète (âge, santé, tempérament…), est signe de la fraternité évangélique. Vivre au nom de l’Évangile avec des personnes que l’on n’a pas choisies est le gage d’une transmission visible de l’appel à la fraternité universelle. Cette fraternité vécue au presbytère se prolonge dans les ministères assumés par la communauté. Toujours en lien avec l’Église locale qui les appelle et les accueille, les prêtres de Saint-Martin collaborent très activement avec les acteurs du diocèse présents dans les paroisses, associations, services et mouvements.

 PORTÉS PAR LA LITURGIE DE L’ÉGLISE

La tradition liturgique des bénédictins a marqué le fondateur de la communauté. La liturgie des heures, le chant grégorien, en plus de la célébration eucharistique quotidienne, sont des piliers de la prière à Saint-Martin.  Pleinement inscrite dans la liturgie conciliaire de Vatican II (elle utilise le rite dit de Paul VI de 1970), la communauté interprète le Concile selon une vision plutôt traditionnelle de la liturgie, marquée notamment par l’usage du latin (autorisé par le Concile). La liturgie, pour la communauté, n’est pas un lieu « d’expérimentation », mais de réception de ce que propose l’Église. Elle est reçue et célébrée avec confiance, même si tout n’est pas compris immédiatement, de l’usage du latin à la « gestique » liturgique. Plutôt que de contourner ces difficultés de compréhension, la communauté a à cœur d’approfondir la proposition de l’Église avec bienveillance. Ce principe permet de découvrir la richesse de la liturgie, d’en bénéficier pour la transmettre aux fidèles. La liturgie devient ainsi canal de transmission majeur de la Parole de Dieu, des sacrements, de l’enseignement de l’Église.

HÉRITIERS DE LA TRADITION DE L’ÉGLISE

La tradition bénédictine, la figure de saint Martin, mais aussi l’École française de spiritualité sont avec la Parole de Dieu les principaux points d’appui spirituels de la mission de la communauté.

 La tradition bénédictine

Outre la force d’empreinte liturgique de la vie monastique, la communauté organise ses relations fraternelles par l’usage d’un coutumier (sorte de règle de vie pour organiser les journées).

La figure de saint Martin

Le soldat. Le saint de Tours, où a été ordonné le fondateur, inspire le style de la communauté. Comme saint Martin, la communauté envisage ses ministères comme une forme de courage, bravant les oppositions pour témoigner de la foi. Il n’est plus question de vivre ce témoignage sous la forme de l’enfouissement mais de manière affirmée, le port de la soutane en étant le signe principal.

Le moine. Les membres de la communauté s’engagent sur un chemin de conversion et de maturation humaine et affective, portés par une exigence particulière de l’exercice de la charité, à l’image de saint Martin. Ainsi, la communauté s’implante souvent dans des diocèses pauvres en moyens et en forces humaines.

Le missionnaire infatigable. La communauté se veut au service de l’annonce de l’Évangile partout où elle peut répondre aux appels nombreux qui lui sont adressés.

Fils de l’École française de spiritualité

Ce courant spirituel né au XVIIème siècle a inspiré une manière originale d’être prêtre jusqu’à nos jours. La communauté partage cet héritage avec, notamment, les sulpiciens fondés par Jean-Jacques Olier. Elle se caractérise par une vie spirituelle où le Christ est au centre de tout. Elle se nourrit dans une formation intellectuelle sérieuse, longue et exigeante, dont l’objectif est l’annonce et la transmission de la foi.

CONSEILS POUR BIEN TRANSMETTRE

  • Avant tout je prie !

Avant de prendre la parole, je prie pour les personnes à qui je m’adresse. Une prière abordée avec soin et selon la liturgie de l’Église, notamment la liturgie des heures, pour ne pas me perdre dans des dévotions annexes.

  • Je me forme sérieusement

La bonne volonté ne suffit pas pour parler du Christ. Il est essentiel de se former (instituts catholique, formations diocésaines, groupe de formation, etc.) Et de relire en équipe les interventions que l’on fait en équipe.

  • Je travaille en équipe

Plusieurs sensibilités cohabitent dans l’Église. Je m’ouvre à la différence et, humblement je me mets au service des personnes en recherche telles qu’elles sont, sûr qu’elles peuvent m’apporter au moins autant que ce que je peux leur apporter, dans un échange humble et fraternel. Je participe ainsi, très concrètement, à la construction de la fraternité et de la communion de l’Église.

  • Je m’inscris dans une tradition

Il s’agit de comprendre que l’Église ne commence pas avec nous. Et qu’il est profitable de puiser dans les trésors de son expérience pour proposer, célébrer et vivre la foi aujourd’hui, non pas en copiant ce qui s’est fait sans discernement, mais en s’en inspirant et en sachant l’interpréter pour le temps actuel.

Sébastien Antoni