Vécu dans la foi, ce temps est l’occasion de revoir mes priorités.

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Le confinement en paroisse : rencontre avec Don Antoine Storez, vicaire à Nogent-le-Roi.

Comment s’organise la vie de la paroisse dans cette période de confinement ?

Une des particularités du ministère sacerdotal est d’être au contact avec les gens. Dans une période de confinement, il faut donc tout repenser pour maintenir et continuer à développer des contacts, mais différemment : des contacts sans contact !

Nous avons donc dû réfléchir à une nouvelle façon de communiquer afin de rester en lien avec nos paroissiens. Nous avons donc créé différents groupes WhatsApp en demandant aux paroissiens de nous aider à étoffer au maximum notre liste de contacts pour n’oublier personnes, ainsi qu’une chaîne YouTube. Grâce à ces différents outils, nous postons quotidiennement une vidéo, le message de notre évêque, des informations utiles, et proposons régulièrement la messe en direct.

Notre préoccupation première étant les personnes plus fragiles, âgées et isolées. Nous mettons pour cela à jour une liste de personnes à contacter par téléphone ou par courrier. Plusieurs paroissiens se sont proposés pour correspondre avec une personne pendant la période de confinement. D’autres initiatives voient petit à petit le jour. Des enfants par exemple ont réalisé des dessins pour les résidents de nos maisons de retraite.

Avec mes frères prêtres, nous nous sommes inscrits également comme bénévoles auprès des mairies de Nogent-le-Roi et Maintenon pour assister des personnes plus isolées. Bien que nous ayons eu peu de contacts pour l’instant par ce biais, notre disponibilité dans le service est une façon discrète de continuer à témoigner de la présence du Christ là où nous sommes.

Comment vivez-vous personnellement ce temps de distance avec vos paroissiens ?

C’est très particulier. Il y a une peine réelle de ne pas vivre l’authenticité de la relation : un café, une poignée de main, un temps de prière… bref, une rencontre face à face qu’aucun écran ne pourra remplacer. J’ai une vraie compassion aussi pour les fidèles qui n’ont pas accès aux sacrements et pour les personnes malades.

Mais vécu dans la foi, ce temps est aussi un moyen de prendre un peu de hauteur sur toute mon action pastorale, de revoir mes priorités. La coïncidence avec le carême n’est pas anodine. Le désert s’impose à nous. L’Eucharistie, la vie fraternelle, la prière d’intercession prennent une place encore plus grande dans mon cœur de prêtre. Dimanche dernier, j’ai eu la grâce de célébrer la messe en direct suivi par la plupart de nos paroissiens. Je n’ai jamais ressenti de cette façon la force de la communion spirituelle. La communion des saints est une réalité qu’aucune résistance ne pourra empêcher.

Comment envisagez-vous l’après-crise ? 

C’est difficile d’imaginer l’après-crise parce qu’on navigue un peu à vue. Il faudra gérer tous les rendez-vous annulés, les célébrations de mariages, de baptême, etc. Nous devrons faire preuve d’une grande souplesse, quitte à reporter des projets.

Dans ces temps d’épidémie, une parole me revient sans cesse : « les yeux fixés sur Jésus » (He 12, 2). Le Christ est vivant et toujours là. Beaucoup d’événements ont été annulés ces derniers temps, mais sa Parole, elle, n’est pas annulée, sa croix demeure, et la Résurrection n’est pas reportée !